de uma amiga

Paz, 09.08.2007; Impressões

Avec son visage, Paz a créé une rue, une rue à la fois extrêmement personnelle, secrète et solitaire, et une rue universelle, la rue où nous aimerions errer tous, à la recherche de rien, entre fiction et réalité, la rue de la Paix, Paz : paix, c’est ce que signifie son nom en portugais. Elle me l’a dit à mi-voix.

Et déjà les consonances rudes de la plus étrange des langues romanes cliquètent dans la mémoire de l’immense joie des paysages en bord de mer que j’ai connus là bas autrefois, le tragique des chants désespérés du fado quand j’essayais d’oublier quelquechose ou quelqu’un qui avait disparu étrangement … évanoui tragiquement pour toujours entre les mailles du temps.

C’est un visage pas tragique du tout, pourtant, le visage de Paz, parsemé de taches de rousseur, d’une belle couleur que l’on a envie de prendre entre les mains, mais de loin sans l’effleurer, une couleur amicale douce et vivifiante comme le miel – buriné contre les vents de la vie, ouvert et mystérieux comme les choses essentielles, les matières premières de la création : eau, feu, terre, air

Le visage de Paz est acceptation du visible, quand le visible s’élève un peu à notre hauteur, comme une baudruche que l’on lance au large des ciels, pour les enfants, pour nos amants, pour les gens qu’on aime.

Ses mains : toute l’amitié du monde s’y reflète.

Mer montagne vallée … Le visage de Paz est un paysage immense, un roman sans fin, de vie et de mort, qui raconte sans concession la joie et la tristesse la difficulté et la facilité, son intime paradoxe, sa foi et sa distance.

Solitude sans ambiguïté et présence émue.
Paz est là, dans sa rue et nous fait voir ce que nous voyons, en perspective.
Cachée, elle ne l’est pas pas plus qu’évidente ou apparente.
Sa présence, son absence sont essentielles.

Elle est en nous maintenant, comme une virtualité, un rapport presqu’intime, elle ne peut plus disparaître du jour au lendemain,- elle nous l’a dit avec sa sincérité – comme si la paix n’avait jamais existé.

Aujourd’hui et toujours, nous remontons la rue vers ce sourire à peine esquissé, un regard plissé, presque les yeux fermés, qui nous fait signe que l’on peut avancer. Tout doucement, à pas comptés, certes, et sans laisser de traces trop personnelles. Quelques pas de neige , et encore … à peine …

L’abord de la rue, ensuite son escalade ne coulent pas de source, il faut un peu de persévérance, de la ténacité même, savoir escalader la paix car cette paix que nous avons acquise l’espace d’un regard reste à conquérir ensuite éternellement.
Ici et ailleurs. Pour nous et pour tous.

Si la paix de Paz, de sa rue et de ses habitants reste en nous, on ne peut pas savoir si ce chemin est aussi le nôtre
Ou à côté -

>Da minha amiga Tina Noiret>

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